– “Nous ? on a raté notre mariage mais on a réussi notre divorce” !!

– “waow, la chance que vous avez” ! 

C’est sûr, ça fait rêver, mais un an après ma séparation qui tourne légèrement au vinaigre avec mon ex, c’est comme si je prenais une deuxième fois mon propre échec en pleine figure. Le pire, c’est que ça renforce en moi l’idée que mon ex et moi sommes incapables de gérer la situation correctement…

Spontanément, j’aurais envie de fuir ces gens “parfaits”, le plus vite et le plus loin possible, sans regretter la belle amitié qui se profilait, parce qu’on se le dise : ils m’agacent, ils m’exaspèrent !!

-“Je m’entends tellement bien avec le père de mes enfants” par ci, “c’est tellement naturel entre nous” par là …

J’aurais envie de crier : 

– “et ben vois tu, pour nous c’est compliqué, douloureux, conflictuel, ok” ? (elle va arrêter d’étaler son bonheur ou quoi).

Et pourtant… quelle que soit mon exaspération, le concept de “parents séparés mais copains” est enviable. En tous cas,  de loin préférable à une relation dégradée … je suis obligée de l’admettre : )

Nuance sur l’idée de bien s’entendre après le divorce

Attention, réussir son divorce ne signifie pas seulement partager la dinde de Noël avec la nouvelle compagne du père, ses deux filles (à elle), leur fils (à eux) et nos deux enfants (à nous). Ou encore s’appeler chaque semaine pour des obligations sans avoir à se fâcher. Non, cela veut dire bien plus :

Compter les uns sur les autres pour gérer les imprévus, communiquer sur les questions désagréables comme sur les choses sympathiques à partager. Cela signifie aussi passer du temps ensemble, sans s’obliger, juste par envie. Faire en sorte que les enfants ressentent ce nouvel apaisement. Sacré challenge qui nécessite d’être en phase avec soi-même, au clair dans sa tête.

A ce propos, dans la tête d’un enfant placé au centre de cette équation à 2 personnes connues qui devaient à la base réussir leur vie de famille, que peut bien signifier “réussir son divorce” ? réconfortant, déstabilisant ? 

“Papa, maman, vous vous entendez hyper bien, pourquoi vous avez divorcééé ?”

Pour nous, adultes responsables, ça veut dire résoudre un problème ! 

Si nous nous sommes séparés, c’est qu’il y avait un problème. Pour nous entendre à nouveau, il faut redéfinir toutes les données de l’équation pour ne pas le reproduire : attention, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite …

Papa égoïste et peu impliqué (?) + maman énervée et pleine de ressentiment (?) x garde exclusive maman / boulots stressants = divorce râté ?

Peut être que : prise de conscience des deux parents + mise en veilleuse de l’ego x organisation et communication = divorce réussi ?

Les nulles en maths (moi comprise) sont les bienvenues. En effet, sans parler d’équation polynomiale ou diophantienne (que je ne connaissais pas il y a 1 minute) on devrait trouver des solutions. Sinon des pistes de réflexion.

Identifier le problème pour transformer

S’agit-il des griefs de celui ou celle qui ne voulait pas de cette séparation ?  d’émotions et sentiments non exprimés ? de comportements irréfléchis, inappropriés et parfois regrettables ? ou encore de mensonges que l’on se fait à soi-même, consciemment ou pas ? la liste est longue quant aux freins à identifier. D’où la difficulté de les reconnaître et de faire avancer la relation…

Nous sommes des êtres complexes et c’est souvent “la faute de l’autre” si l’on ne réussit pas son divorce…

Ce qui compte le plus est de savoir si l’on souhaite sincèrement améliorer la relation et réussir ce divorce !

A bien y réfléchir, la tranquillité d’esprit, la nôtre, celle des enfants n’a pas de prix . Si l’on a le sentiment que l’autre “ne changera jamais”, alors faut-il prendre le problème dans l’autre sens : changer soi même et pour soi même, et observer. Avec le temps, ce peut “déteindre” sur l’autre. Sans garantie, je vous l’accorde, mais avec de bonnes probabilités !

On le sait, il n’est jamais question de baguette magique. 

Pour comprendre ce que d’autres ont vécu, voici un témoignage proposé par Psychologie magazine..