Une longue histoire peaufinée par… des hommes !

Nous les femmes, historiquement affublées de cet adjectif, de manière trop systématique depuis près de 4 000 ans, pouvons le dire sans gêne : nous revenons de loin…

Notre façon d’exprimer rage ou colère a toujours été stigmatisée,  et il semble que nos “soeurs” ont essuyé les plâtres bien avant nous…

Des hommes nous ont collé l’étiquette !

Rien de très surprenant direz-vous, mais regardons les choses plus en détail…

Etymologie et définition pour clarifier

Le mot hystérie est apparu en français au début du 18ème siècle, dérivé régressif d’après l’adjectif hystérique. Il est issu du mot grec ὑστέρα hyster ou hustéra, apparenté au latin hystera, pouvant signifier la matrice, les entrailles ou … l’utérus.

Et que signifie précisément “hystérique” pour le dictionnaire français ? “qui appartient à l’hystérie, névrose caractérisée par une exagération des modalités d’expression, pouvant se manifester par des crises convulsives, des attaques”. 

Est-il utile de préciser que logiquement, les hommes, non pourvus d’utérus, échappent en grande partie à ce qualificatif … 

Par ailleurs, comment expliquer que nous utilisions nous mêmes, femmes modernes, cet adjectif pour désigner notre voisine en proie à des sauts d’humeurs plus ou moins prononcés ?

 

Un peu d’Histoire pour tout comprendre

Dès 1900 avant JC, les égyptiens décrivaient déjà sur papyrus des “troubles causés par un utérus baladeur” … 

Platon et Hippocrate n’en pensaient pas moins, et pour faire court, ne nous ont pas tellement éclairées.

Au moyen-âge, différentes théories sur la question se succèdent et pas des moindres. 

La matrice féminine est toujours en cause mais ce sont les substances retenues en excès à cause d’une abstinence sexuelle qui toucheraient les nerfs.

Autrement dit, une femme à l’époque qui n’avait pas de relation sexuelle ou qui ne pratiquait pas la “masturbation guérison” s’exposait à l’hystérie. A ne pas confondre avec “la masturbation péché”… bien sûr !

La page wikipédia d’où sont tirées ces infos, est extrêmement intéressante à consulter. Elle aide, semble t-il, à comprendre l’origine du terme sexiste “mal baisée” désignant de nos jours une femme aigrie ou en colère. Rien n’est jamais dû au hasard. 

A la fin du moyen-âge, les “hystériques” ne furent pas les bienvenues : possédées (par le diable), considérées comme des sorcières, elles étaient lynchées ou brûlées en place publique…

Ce n’est pas fini !

Entre le 16ème et le 18ème siècle, on se demandait si ces femmes n’étaient pas “débiles”. Ou “soumises aux rythmes de leur sexe” donc incapables de contrôler leur corps. Une raison supplémentaire pour les soumettre à l’autorité masculine sans discuter.

Il aura fallu encore près de deux siècles pour que de nouvelles théories plus savantes voient le jour. En arrière plan l’idée tout juste naissante de l’influence thérapeutique du soignant sur la patiente. Puis des concepts de “psychose hystérique” jusqu’à l’invention de la psychanalyse ! 

De Charcot à Freud, nombre de spécialistes se sont mis (enfin) à décrire l’hystérie chez l’homme aussi et se sont prononcés peu à peu en faveur de causes psychiatriques.

Aujourd’hui, nous parlons de neurosciences et certains débattent encore de subtilités sur le sujet mais enfin…notre utérus peut se reposer !

Pour finir, je vous invite à lire cet article du Huffingtonpost sur l’hystérie mais aussi d’autres “maladies ridicules” attribuées aux femmes au siècle précédent. Surprenant !