Pas besoin des autres pour culpabiliser !

Qu’on se le dise, même si maman solo culpabilise en entendant des collègues dire de leurs enfants de 8, 10 ou 13 ans qu’ils ne sont jamais restés seuls ne serait-ce qu’une heure, que peut-elle y faire concrètement ?

Aujourd’hui, je n’ai pas envie de plaisanter à ce sujet. Encore moins après avoir lu certains articles (moralisateurs, disons-le) où il est question des “orphelins du 17h” et de ses conséquences : angoisses, problèmes de concentration, baisse des résultats scolaires et j’en passe. 

Je suis d’accord, avoir le choix d’être présent chaque soir et ne pas le faire est surprenant voire critiquable, mais que faire quand on ne l’a pas du tout ? culpabiliser ?

Je culpabilise déjà assez ! le savoir seul à la maison entre 16h45 et mon retour du boulot vers 19H, trois fois par semaine, me perturbe beaucoup. C’est même difficile à accepter. J’essaie de me rassurer : Il regarde les dessins animés, avec un paquet de gâteaux et un grand verre de lait, il peut m’appeler quand il veut. Oui mais…il est seul. Et il n’y a pas d’enfants de son âge dans l’immeuble pour jouer un peu… allez, je me dépêche de rentrer ! 

De la même façon, réaliser que mon bambin, dès l’âge de 9 ans, est obligé de faire réchauffer un steak-coquillettes le mercredi midi parce que je rentre à 14h, ça ne m’enchante pas.  Je me rassure d’un côté (il assure mon loulou) mais culpabilise de l’autre … suis-je une bonne mère ? est-ce normal de rester seul à cet âge-là ? Comment évoluera-t-il dans sa vie d’adulte en ayant vécu ces moments sans moi ?

Alors ça finit par un compromis : le petit chat tant désiré, la petite boule de poils douce et réconfortante débarque dans nos vies et c’est un vrai plus, une présence, une évidence !

De la culpabilité à la fierté… “c’est ma mère qui m’a appris”

Tout commence par … la porte d’entrée ! apprendre à loulou à la fermer à clé dès mon départ, à savoir l’ouvrir en cas d’incendie (…) à ne pas répondre si ça sonne, à me prévenir par téléphone au moindre doute. 

Il y a aussi les précautions de base : ne pas tenter d’expérience avec l’électricité, le gaz, les allumettes ou les briquets, ne pas jouer avec l’eau, avec le micro-ondes ou le four, bref, éviter une catastrophe.

L’autonomie, c’est aussi et surtout la grande aventure d’aller seul à l’école, ou de prendre un bus pour aller au basket et même d’attendre maman 10 minutes le mardi soir après l’entraînement (marge, hélas, incompressible dans mon emploi du temps).  Cela en fonction de la maturité de l’enfant, à un âge ou à un autre, qu’on se comprenne. Et cela passe par un apprentissage :

Être ferme sur les règles à respecter, sans lui faire peur :

toujours marcher sur un trottoir, sinon toujours face aux voitures pour prévenir le risque, s’arrêter net au passage piéton, regarder très attentivement avant de traverser. Mon dieu quel stress ! 

Faire et refaire, encore trois fois le parcours aller-retour ensemble, prendre le bus quatre fois, d’abord en le guidant puis en le laissant faire, sentir le moment où c’est ok pour lui…

Surtout ne pas paniquer le jour J. Même s’il est descendu un arrêt trop tôt (bah oui, mon loulou). Quitter le bureau précipitamment, courir jusqu’à la voiture en le gardant au téléphone, le retrouver à la pharmacie où il s’est mis, comme convenu, en sécurité… adrénaline et culpabilité sont au RV pharmacie aussi, mais on va y arriver !

Rester positive, sans sourciller

C’est vrai, lui imposer très tôt d’assumer certaines responsabilités, c’est réduire trop tôt aussi, sa belle insouciance. Un dilemme. Mais sans doute qu’avec beaucoup d’amour, il transformera cela en force dans sa vie d’adulte ?

Je reste positive, je fais de mon mieux et pour cela, je recadre : si certains critiquent, reprochent, montrent du doigt, je me concentre sur mon enfant. Il sait que je l’aime, tout simplement… 

Alors finalement, les bien-pensants, les psy, les spécialistes, peuvent débattre ou montrer du doigt autant qu’ils veulent, j’assume et j’avance. Et si c’est le père qui rajoute sa touche personnelle, mieux vaut garder son self control.

Le jour où mon fils, à 19 ans, me prend dans ses bras et me dit “maman je t’aime”, je sais que lui et moi, on y est arrivé, malgré toutes les imperfections du passé…