Une séparation est parfois une bouffée d’air, un soulagement ou une libération, et tant mieux ! mais quand elle fait l’effet d’une tornade émotionnelle, liée à une immense perte de repères, quand ça remue fort à l’intérieur, comment gérer ? maman solo et ses émotions, on en parle ?

Les émotions ne sont pas enseignées à l’école, et pourtant …

Personne ne nous a appris à décrypter notre peur ou notre tristesse ou leurs variantes, la crainte et le chagrin. Personne ou alors nos parents, pour les moins doués, nous ont caressé la joue tendrement après la crise lacrymale provoquée par E.T, Bambi ou le Roi Lion?

Les plus avertis nous ont bien parlé de notre “droit” à être triste et à pleurer à la mort de papi, mais cela a rarement été plus loin…

Par conséquent, exprimer sa tristesse ou sa crainte est embarrassant pour un très grand nombre d’entre nous. Quand on s’en empêche vraiment, on appelle ça refouler ses émotions et c’est notre vie, notre relation aux autres, et à terme notre santé que cela impacte !

Emotions mode d’emploi…

D’abord retenir l’idée que plus je retiens mon stress, ma colère et toute la famille des émotions, plus je me fais du mal. Psychologiquement et/ou physiquement.

Ça va 5 minutes le sourire forcé, les apparences pour rassurer les autres. “Oui ça va, on est bien tous les deux avec la petite, je gère”… mais en réalité ? solitude mal vécue, stress, angoisses le soir quand louloutte est couchée. Vous lisez cet article … hasard ou curiosité ?

On se met tout de suite d’accord, il ne s’agit pas d’exprimer à tout bout de champ mais plutôt

  • de reconnaitre l’émotion qui déborde en ce moment
  • de l’accepter au sens de ne pas avoir peur de l’exprimer
  • d’en parler avec authenticité

Avez-vous observé cette tension dans les épaules, cette douleur dans le dos ou ces problèmes d’endormissement permanents ? êtes-vous étonnée d’avoir de légers vertiges depuis un mois, une oreille douloureuse, et tout autre manifestation “alarmante” ? sauriez-vous décoder le message qui cherche à passer par n’importe quel moyen ?

Exprimer ou subir, il faut choisir !

Sous prétexte que ça embarrasse les autres, je devrais me taire et continuer à subir ? non, j’ai besoin de parler… à mon responsable au boulot par exemple ! La clé pour ne pas me laisser déborder et retenir son attention : authenticité, clarté et concision. Un monologue de 10 mn produirait l’effet inverse !

“Vous avez remarqué une baisse dans mes résultats (je parle de ma vérité), je tenais à prendre les devants et vous donner quelques explications à ce sujet. Mon travail est important alors je souhaite clarifier… je viens de me séparer et suis seule avec ma fille depuis quelques mois, cela m’affecte encore. (Si mes larmes coulent sans prévenir ? je ne m’excuse pas, je ne suis pas un robot). Et je continue : “je me fais aider et compte bien retrouver un peu de sérénité et tout mon potentiel !”

Que va t-il bien pouvoir se passer maintenant ? rien qui puisse me mettre réellement en danger !

Au pire je sentirai un malaise, entendrai une phrase désagréable. Dans ce cas je peux simplement remercier cette personne d’avoir écouté. Elle est tout bêtement incapable d’accéder à ses émotions et porte un jugement. Ce n’est pas mon problème mais le sien. Ce qui compte est d’avoir lâché la pression.

Au mieux, c’est un “cadeau”. Mon responsable m’a vraiment entendue : “écoutez je comprends et je compatis à votre situation qui va s’arranger, j’en suis sûr. Vous avez des ressources dont celle de me parler et de ne pas laisser un malaise s’installer, je vous en remercie”.

La cerise sur le gâteau ? “n’hésitez pas à me solliciter si vous avez un problème particulier, un RV pour votre fille etc. En le sachant un peu à l’avance on s’organisera plus facilement”.

Le non-dit engendre l’interprétation. La parole, si elle est bien posée, a des pouvoirs … apaisants !

Bravo à moi-même ? et pourquoi pas !

Voilà, je peux me féliciter et apprécier : j’ai assuré et suis en phase avec moi-même ! maintenant je laisse “infuser”, le temps d’observer le bénéfice de cette démarche sur mon moral et ma santé les jours suivants ! mon oreille ne me fait plus mal tiens, c’est marrant ! la culpabilité se serait-elle volatilisée ?