Emménager dans le même quartier ou à plusieurs centaines de kilomètres répond à un seul objectif, passer à autre chose.

Parents divorcés et distance géographique

Dans la majorité des cas, cette distance est peu importante, même ville ou même département puisqu’on y travaille, on y reste. Les enfants gardent leurs repères, l’adaptation est plus douce.

En revanche, l’un des deux parents impose parfois une distance importante pour diverses raison : se rapprocher de la famille et bénéficier de son soutien, saisir une opportunité professionnelle, fuir une situation émotionnelle trop lourde à porter… alors les choses se compliquent. D’autant plus si le “climat relationnel” est tendu…

L’enjeu, c’est l’adaptation des enfants à cette nouvelle équation et la qualité de vie de tous…

Nos enfants vivent une épreuve, sans avoir rien demandé. Notre responsabilité est alors de leur prêter attention car si certains n’ont aucun mal à exprimer leur ressenti, d’autres restent muets comme des carpes. Il ne s’agit pas de leur demander de décider, ce serait irresponsable, mais de déceler colère, tristesse (mutisme ?) d’écouter leur besoin. Se faire aider par un psy est souvent une bonne idée. Même pour une ou deux séances. D’autant plus si l’on est soi-même impactée !

Avant de s’installer à une trop grande distance les uns des autres, quelques points de réflexion utiles !

En dehors des frais de transport (5 allers-retours dans l’année minimum pour les vacances et pas par carblacar ; ) d’autres contraintes sont à prévoir :

maman devient solo puissance 2
Avoir peu ou pas de temps pour soi en fonction de l’âge des enfants et de ce que je m’autorise ou pas.
Gèrer toutes les situations quotidiennes sans aide immédiate du père et supporter une charge mentale élevée.
Assumer une charge financière plus lourde, pension alimentaire ou non.

papa devient solo puissance 2
Il  joue son rôle de manière épisodique.
Son autorité est perçue différemment justement parce qu’il devient “papa vacances”.
Il se sent souvent impuissant (voire lésé) dans nombre de situations.

et les enfants subissent… puissance 2
ils ne voient plus assez leur père et en sont souvent affectés émotionnellement.
Les trajets sont parfois longs et la répétition 5 fois dans l’année potentiellement anxiogène.
Ils peuvent vivre cela comme une véritable injustice !

Du vécu, de l’authentique !

Mes parents m’ont imposé 400 km de distance un an après leur divorce, j’avais 7 ans.

Le vague à l’âme me saisissait alors que j’en quittais un pour rejoindre l’autre. La tristesse et la mélancolie s’emparaient de moi, surtout après les appels de mon père. Je me sentais injustement “différente” des copines qui voyaient le leur quand elles voulaient.

Je n’aimais pas prendre le train avec une pancarte autour du cou.  A l’époque JVS ça voulait dire “je voyage seule”, mais pour moi “je suis enfant de parents divorcés”. Des copains éphémères, pas de réseaux pour continuer d’échanger. “Tu descends à Lyon ? alors adieu ! on ne me disait pas “embrasse papa” ou “fais un bisou à maman” au moment de partir, ça, c’est revenu bien après !

Je suis d’accord, même à 500 mètres de distance un enfant peut être perturbé.

Mes parents ont fait avec ce qu’on leur a légué sur le plan psychique et croyez moi, ils ne se sont pas toujours marré. Je ne leur en veux pas, je les aime. Fin de l’histoire.

Un idéal ? et pourquoi pas !

l’idéal est d’avoir anticipé et réfléchi à ces aspects, décidé ensemble de ce qui répond le plus au besoin de l’enfant et de faire de son mieux. Rien ne sera jamais parfait. Mais si l’on peut s’adapter et modifier le moins possible ses repères, son mode de vie, c’est chouette.

Si l’on vit déjà cet éloignement et ces difficultés ? aucune situation n’est gravée à vie me semble t-il !
Papa ou maman, chacun peut décider de se rapprocher à nouveau : changer de paradigme, et retrouver un équilibre !