Torts, défauts des uns et des autres, et après ?

Parler du père aux enfants peut s’avérer risqué.

La séparation met fin à un profond désaccord entre deux adultes qui ne s’aiment plus et entament parfois une relation tendue ou conflictuelle.

Il a changé ? le père engagé a laissé place à un individu de moins en moins concerné et a perdu toute crédibilité ? il est rentré trop tard le soir trop longtemps ? peut-être s’est-il égaré dans d’autres bras ou a t-il développé une soudaine inaptitude à gérer une famille ? ou d’autres clichés avec un (bon gros) fond de vérité ?

Là n’est pas la question: l’engagement parental n’est pas en cause, simplement « papa » n’est plus l’élu. En théorie, on en reste là.

Une affaire d’adultes

En théorie oui. Malgré tout, il est difficile de maintenir une parole objective ou « impeccable » en toutes circonstances.
D’autant plus s’il y a encore de la colère, de part et d’autre. Les mots nous échappent parfois, souvent, trop régulièrement devant eux. Ils n’ont pas à supporter cela.

Et si ce crash conjugal était aussi l’occasion de se poser des questions sur soi, de comprendre pourquoi cela n’a pas fonctionné, de n’accuser personne mais d’analyser ?

Pourquoi les mots peuvent être dangereux

Garder le contrôle de la parole en présence des enfants et ne pas afficher sa rancœur ou son ressentiment, répondre de manière juste à leurs questions demande une prise de conscience personnelle.
Si l’on se fait juge en leur laissant entendre (lors d’une conversation avec une amie ?) que leur père est irresponsable, faible ou nul (sans parler de termes plus choquants) cela peut générer incompréhension, angoisse, tristesse mais peut aussi avoir des effets plus dévastateurs sur la construction psychique et psychologique de ces futurs… adultes.

L’enfant est une partie de son père

C’est le point de départ de notre raisonnement.

Faire de simples réflexions ou le rabaisser n’est pas anodin. Inconsciemment l’amalgame a lieu : si ma mère dit que mon père est plein de défauts ou qu’il est une mauvaise personne, alors je le suis aussi. Inversement si le père leur parle mal de moi bien sûr.

Inutile de se rattraper aux branches en constatant le malaise (s’il est visible !) et d’énumérer du bout des lèvres « les nombreuses qualités de ton papa »…le mal est fait.

Trouver les mots appropriés, c’est possible, sans mentir ni déraper.
Facile à dire, j’en conviens, mais il y a moyen de relativiser avec un seul objectif en tête, celui de protéger nos enfants. Toujours.